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  • Jean Benjamin Jouteur

Ciao Bella de F Melinda Schigle

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Ou la lire !

Benjamin, un héros d'autrefois ?


Lorsque j’ai tourné la dernière page de « Ciao Bella » de Mélinda Schigle, ce que techniquement je n’ai jamais fait, le livre ayant été téléchargé sur liseuse une simple pression du doigt suffisait, n’en déplaise aux puristes du vrai livre, je me suis mis en quête de la date de publication de l’ouvrage…


Mars 2019… Ouf de soulagement !


En ce passé lointain, Benjamin, le personnage principal du bouquin, pouvait encore passer pour un héros. C’est-à-dire pour un homme certes intégré au système, mais qui, dans un sursaut éclairant de conscience, fit le choix, au profit de l’humain son semblable, de trahir la multi société pour laquelle il travaillait, anéantissant ainsi une source intarissable de profits.


Cette histoire de rédemption par la trahison est bien racontée, efficacement décrite, argumentée voire fouillée, « Ciao bella » est un livre agréable à lire… On en reprendrait bien quelques pages pour le dessert.


Mais ceci était établi, je réalise que ce pauvre Benjamin, courageux justicier des temps jadis, Zorro des drones incontrôlable, passerait en ce mois de février 2021 pour un complotiste. Rendez-vous compte, il ose remettre en cause et à voix haute des certitudes officielles, des vérités validées, des évidences authentifiées, des conformités accréditées, tamponnées par au moins 12 cachets administratifs, ayant reçu l’aval sécurisant de comités composés d’experts, d’ingénieurs en tous genres et même de locataires de ministères… Ces savants et hauts fonctionnaires en blouses, rond de cuir et costumes cravates ne peuvent aucun cas se tromper… Il a forcément tort. S’il poursuit sa quête de vérité, son élan de dénonciation, sa naïveté humaniste, nous l’accuserons d’incivisme avéré, de mauvaise citoyenneté, nous le bannirons puis l’exposerons au pilori des journaux harangueur de vérités, et à celui pire encre des réseaux sociaux infatigables fournisseurs d’intolérances et de stupidités en tout genre…


OK, si je continue sur cette voie glissante de la chronique engagée, je risque d’être censuré moi-même pour propos subversifs…


Disons que je plaisantais.


Pour en revenir à des choses plus sérieuses, ce livre m’a un peu rappelé l’univers « Tales from the Loop » une série SF basée sur le livre de Simon Stålenhag. Comme dans "Ciao Bella", les personnages de ce bouquin évoluent dans un univers rétrofuturiste, genre c’est aujourd’hui, mais c’est déjà un peu demain, dans lequel coexistent des technologies avancées telles que des robots ou des véhicules volants, rappelant beaucoup dans leurs fonctions et dangerosités les Drones de notre auteure.


Ce qui me fait prétendre que « Ciao Bella », sans en avoir l’air, est un bouquin flirtant avec la SF et posant cette question inhérente au genre… L’humain sera-t-il un jour dépassé par sa propre technique ? La société saura-t-elle entendre les lanceurs d’alertes tels que Benjamin ou ces derniers seront-ils éliminés au profit d’un monde de machines sans âme ? À ceux qui estiment que "Terminator" n’est qu’un simple film d’action, je prendrais le risque de déclarer qu’ils se trompent…


Moi je dis ça, je ne dis rien, mais je le dis quand même !


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