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  • Jean Benjamin Jouteur

Juste-là de Barbara Derivière

Ecouter la chronique




Ou la lire !

J’ai lu « Juste-là de Barbara Derivière, voilà de petites histoires qui me font penser à de savoureux mets légers, parfois salés, tantôt sucrés, de temps à autre pimentés. Des friandises que l’on peut déguster à toute heure de la journée. On en choisit une, au hasard, on s’en délecte lentement, doucement presque sensuellement. Conservant en bouche le plus longtemps possible le petit goût acidulé du texte court qui à chaque fois est proposé.


Déjà fini ?


On passe à autre chose, peut être un autre livre, une romance que l’on a délaissé le temps d’une lecture, ou bien une sortie, un moment de vie… À moins… À moins qu’on y revienne, incapable de résister à l’appel d’une nouvelle confidence.


Alors on plonge les yeux dans une seconde nouvelle qui, on le pressent, dans un autre univers nous transportera. Cette nouvelle expérience littéraire n’aura pas le goût de la première. Elle sera plus violente ou plus croustillante, plus drôle ou encore plus morose. Découvrir ce recueil, c’est se poser quelque part entre sourire et gravité afin de goûter sans faim, l’ouvrage.. À moins que ce ne soit sans fin. Je ne sais quelle orthographe choisir IN ou aim ? La fin ou bien la faim ? Les deux sans doute.


J’imagine.


Tous les soirs, la dame vient s’asseoir sur le rocher noir qui domine son passé. Il fait sombre. On ne distingue pas son visage. Sourit-elle ? Pleure-t-elle ? Difficile de savoir, impossible de prévoir. Nous, assis à l’écouter, nous devinons simplement sa présence. Elle raconte des histoires, ou plutôt elle se raconte en histoire. Souvent, elle change de nom, de corps et même parfois de sexe. Homme, femme, enfant, ils sont tous en elle. Elle peut être amère, elle peut être mère, elle nous émoustille, jouant les coquines, les amoureuses, elle nous surprend incarnant les drôles, les souriante, les revanchardes, les désespérées, les : “si tu savais comme je me souviens d’avant”, les : “si tu savais comme tu es parti trop tôt papa”.


Elle saupoudre ses monologues d’une pointe de sadisme mêlée d’humour noir. Elle brandit de tendres ou durs réquisitoires qu’aussitôt elle contre par de flamboyants ou timides plaidoyers. Elle sait vibrer pour nous faire rire, elle sait pleurer pour nous émouvoir… Elle fait de ses mots, de ses phrases, des miroirs changeants, si bien qu’en la lisant, ce n’est pas elle que l’on contemple, c’est son image, une image inversée, troublée, bousculée, posée en lettre sur un clavier, incomplète et si souvent chahutée.


C’est de son intimité qu’elle parle, pour entrer dans ce bouquin, lecteur, il te faudra faire preuve de douceur et aussi de tendresse.

Moi je dis ça, je dis rien !



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