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  • Jean Benjamin Jouteur

Le chapeau d'Indiana - T1 de Rozenn Laloy

Mis à jour : févr. 11

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Ou la lire !

Pour les amateurs de foot, et les autres.


Cette chronique débute par un aveu… Je ne suis pas un footeux.


Ce n’est pas tant le jeu en lui-même qui me dérange, ce serait plutôt cette foule de fanatiques peinturlurée partant pour le stade comme on part en guerre, prêt à en découdre avec l’ennemi. Ce sont des joueurs bien trop déifiés qui finissent par se prendre pour des idoles. C’est cette montagne de pognon qui cavale derrière eux. C’est enfin ce décorum malsain qui leur tourne autour et auquel les pauvres petits aux genoux écorchés s’acclimatent sans problème… Faut dire qu’ils ont de quoi se payer quelques bouteilles de mercure au chrome et le paquet de pansements qui va avec.


Aïe ! Mon écran a tilté, la partie est mal engagée. Par cette révélation provocatrice, je viens d’encolérer au moins trois cars de supporters.


Tant pis j’assume.


Passons à plus passionnant, le bouquin de Rozenn Laloy : "Le chapeau d’Indiana", dont le titre évoque en moi des aventures bien plus excitantes que le souvenir d’une finale qu’elle soit gagnée ou perdue.


D’ailleurs l’héroïne, illuminant de sa grâce l’intégralité du roman, brillante journaliste de choc et de charme, n’est pas loin de penser comme moi. En début de bouquin, elle mate Les « footballeux » aux cuisses à l’air, avec un soupçon hauteur et un zest de mépris. Il ne faudrait pas qu’ils s’amusent à la coller de trop près, car elle a du répondant la petite. Equipée d'origine de griffes acérées, elle est prête à pourfendre la fierté de n’importe quel mâle trop entreprenant.


Mais ça, c’était avant que notre fée du clavier rencontre le bellâtre aux yeux bleus qui va tout tenter afin qu’elle reconsidère ses opinions de mignonne intellectuelle estimant le QI du joueur de ballon similaire à celui d’une huître d’élevage.


Au terme d’une lecture au demeurant fort appréciée, deux hypothèses s’offrent à moi.


- Soit il serait judicieux qu’à l’instar d’Anne-Sophie, je révise mon jugement envers la gent footballistique en admettant par exemple qu’il faut se méfier des idées reçues,


- Soit le chapeau d’Indiana est un roman flirtant avec le fantastique, voire avec l’onirique… Donc une œuvre totalement imaginaire, genre le seigneur des anneaux version stade. En effet, l’auteure nous décrit un Joueur de foot, beau comme un demi-dieu, ça, ils le sont presque tous, viril comme étalon, en toute absence de vérification, je ne puis me prononcer, mais aussi, et c'est là que ça devient carrément chimérique, intelligent, instruit, désintéressé, modeste, simple, attachant, fidèle, cultivé… Le pack saupoudré de quelques qualificatifs tout aussi déconcertants. Nous sommes en plein cœur d’une fiction surréaliste, Anna ne s’y retrouve pas, et pour le coup, moi non plus.


« Bleu et chaud à la fois » propose une belle histoire d’amour, compliquée à souhait, sans cesse remise en cause. Une romance genre « Un pas en avant, deux pas en arrière, il avance, elle recule, comment veux-tu que l’on fasse chambre commune ». Donc une idylle à rétropédalage qui parvient à détourner notre belle envoyée spéciale (pour laquelle je craque, d’où ma hargne envers le beau gosse aux crampons d’or) non seulement de sa quête initiale, mais aussi de ses retrouvailles avec une branche importante de ses origines italiennes. Comme j’aurais apprécié quelques balades supplémentaires dans les ruelles de la ville éternelle avec à mon bras la bella signorina.


Oui, je ne vous ai encore confié ce doux secret. Anne-Sophie est une aimante sachant aimer et la rédaction d’articles passionnants ne constitue pas son seul talent. Dans ses mains expertes, et pas seulement dans ses mains, le plus grand des costauds redevient un jeune homme impatient d’apprendre… Les scènes d’amour sont très joliment décrites suggestives, excitantes, réalistes. Tout aussi osées que pudiques, elles exhalent le vécu sans vulgarité aucune. N’importe quel homme donnerait n’importe quoi pour se trouver à la place de ce footballeur trop chanceux.


Pour conclure, si ce livre n’a pas modifié mon aversion pour le foot, il a prouvé que l’on peut prendre plaisir à lire un bouquin ayant pour toile de fond une activité que l’on n’apprécie pas particulièrement.


Tout est dans la richesse de l’écriture et dans l’humour.


Dans le tome II, Anne-So partira sans doute pour un voyage lointain qui l’amènera à découvrir enfin ce qu’elle cherche… Ne pouvant me résoudre à la laisser affronter seule les dangers qui très certainement la guettent, je me propose de l'accompagner sans arrière-pensée aucune. Quant au beau latin aux pieds magiques, qu’il reste donc à Rome avec ses supporters.


Moi, je dis ça, je dis rien, mais je le dis quand même !



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