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  • Jean Benjamin Jouteur

Le poulpe au couronnement de Bokassa de Jef Pissard

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Quelle est cette improbable odyssée que nous raconte le croustillant JeF Pissard dans « Le poulpe au couronnement de Bokassa » ?


Un délire de potache absolument ubuesque d’une « culotterie » frisant l’inconscience ? Oui, mais pas que !


Une escobarderie plus que gonflée qui aurait pu très mal tourner ? Oui, mais pas que !


Une tartuferie estudiantine à la hauteur de cette pathétique pantalonnade Bokasienne qui se voulait impériale ? Oui, mais pas que !


Jef Pissard, grimé pour l’occasion en historien de la croustillante anecdote des coulisses du pouvoir, aussi malicieux qu’improvisé, dresse dans cet ouvrage, avec une verve et une inventivité jouissive, les chroniques d’une farce dangereusement mémorable. Mais, il ne fait pas que ça. Il a de la repartie, de la jugeote et aussi sans doute quelques idées engagées dans la tête… Car le contexte, somme toute assez effrayant et décalé de ce canular dans la farce ajoute une note d’humour plus grave et grinçante que drôle à cette sympathique « bouffonade ».


Bien sûr, j’applaudis des deux mains cette brillante comédie, ayant moi-même goûté au plaisir enivrant de ce type de mascarade.


C’est vrai, j’ai, par le passé, squatté sans carton d’invitation de prestigieuses et lumineuses fêtes estivales données dans quelques propriétés huppées de la French Riviera… Et si souvent je me suis fait jeter tel un gueux malpropre, j’ai eu parfois la chance de m’amuser jusqu’au bout de la nuit, au nez et à la barbe de gens honteusement plus fortunés que moi et surtout à leurs frais… Qu’il est goûteux le champagne que l’on ne paye pas… En livrant cet aveu honteux, je crois résumer habilement le bouquin sans pour autant le spoiler.


Bien évidemment, en tant qu’Occidentaux convaincus de la supériorité de l’Occident, nous pouvons afficher un sourire condescendant tout aussi amusé que suffisant devant les frasques grotesques cet ex-sergent des Forces françaises libres qui lors de la Deuxième Guerre mondiale participa au débarquement de Provence, à la bataille du Rhin, qui au nom de la France, mena combat en Indochine, en Algérie, qui obtint Légion d’honneur et croix de guerre, pour enfin terminer sa carrière dans l’armée française avec le grade de capitaine… J’ai nommé Jean Bedel Bokassa.


Nous pourrions être comme nos cousins anglais « so shocking » par le coût exorbitant du couronnement de ce dictateur, oubliant involontairement qu’il était le grand ami et allié de la France… Allant même jusqu’à appeler l’un de nos présidents « Parent » jusqu’au jour où… ? Nous pourrions également oublier que la France fut l’une des principales fournisseuses de ce fameux couronnement (des noms et prénoms connus bien de chez nous participèrent activement à cette somptueuse farce).Et enfin nous serions tenté d’ignorer que chaque cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques qui nous passionne tant coûte tous les quatre ans aux pays organisateurs, des dizaines de millions d’euros, c’est-à-dire à peu près autant que les mariages princiers d’Angleterre ou d’ailleurs ou les grandes fêtes républicaines.



Mois je dis ça, je dis rien... Car Pissard le dit à ma place !


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